La Febuka bénéficie l’appui de l’ambassade de France dans le renforcement de ses capacités

Intitulé « Renforcement des capacités de la Fédération Burundaise de Karaté et son rôle dans la cohésion sociale et l’inclusion », ce projet a été financé par l’ambassade de France à travers son service de Coopération et d’Action culturelle. Raphaël Bindariye qui le pilote indique qu’il porte essentiellement sur des formations pour les entraîneurs, les arbitres, les dirigeants des clubs sur la gestion de leurs organisations sportives ainsi que l’appui à certains clubs qui n’ont pas encore obtenu leur affiliation au sein de la fédération. M. Bindariye ajoute que ce projet va également toucher l’aspect organisationnel du championnat au niveau régional. « Dans le cadre de ce projet, nous avons subdivisé le pays en quatre régions qui organiseront quatre tournois régionaux et clôtureront par un championnat national pour évaluer le travail abattu dans le cadre de ce projet », précise-t-il.

S’inscrivant dans le cadre de la cohésion sociale et l’inclusion, ce projet va mettre un accent particulier sur la participation féminine qui est recommandée dans toutes les activités programmées. Les liens d’amitié entre les participants vont également être renforcés puisque les Karatékas vont partager leur repas et passer beaucoup de temps ensemble ce qui accroît leurs connexions.

A propos des chiffres, ces formations toucheront 60 entraîneurs en provenance de 60 clubs répertoriés sur toute l’étendue du territoire national. 60 arbitres et 60 dirigeants des clubs de Bujumbura et de l’intérieur du pays devront également suivre des séances pour renforcements. Les quatre régions sont réparties comme suit :

Ouest : Les provinces Bujumbura, Mairie, Bubanza, Cibitoke et Rumonge.

Centre : Les provinces Gitega, Mwaro et Muramvya.

Nord : Les provinces Ngozi, Kayanza et Kirundo.

Sud-est : Les provinces Bururi, Makamba, Rutana, Ruyigi, Karusi, Cankuzo et Muyinga.

De la valeur ajoutée

Pour Raphaël Bindariye, cette série de formations vont apporter de la valeur ajoutée aux bénéficiaires qui sont rassemblés pour recevoir des mêmes instructions pédagogiques. « Ils vont sans doute améliorer leurs manières d’orienter les entraînements dans leurs styles pour les Katas, kumité ainsi que les techniques d’enchaînements », indique-t-il. Les dirigeants des clubs seront formés pour mieux renforcer les structures administratives et financières dont la bonne gestion faisait défaut. « Cela manquait parce que nous avons souvent des présidents des clubs qui ont été d’anciens Karatékas évoluant dans cette discipline mais qui n’ont pas encore reçu des formations en management sportif et nous allons renforcer leurs capacités pour les permettre de mieux gérer leurs organisations sportives », explique-t-il.

Un niveau satisfaisant

Pour Sensei Pascal Kazwite, directeur technique national au sein de la Febuka, un entraîneur de Karaté doit maîtriser des techniques comme les Kihons (enchaînements techniques), les Katas (démonstrations sur des combats imaginaires avec simulation d’un ou plusieurs adversaires) et le Kumité (le combat qui s’appuie essentiellement sur l’attaque, l’esquive et la défense). M. Kazwite trouve que le niveau des jeunes entraîneurs est satisfaisant et estime qu’ils pourront valablement remplacer les maîtres qui les ont formés respectivement dans leurs clubs de provenance.

Des participants enthousiastes

Mlle Rehema Niyinkijie est entraîneuse du club Rukinzo en province Ngozi. Très appliquée lors des formations, elle compte mettre à profit les notions apprises pour stimuler surtout les filles encore moins nombreuses au Karaté. « Les problèmes que rencontrent les filles qui s’exercent au Karaté sont souvent fondés sur des préjugés de la société qui ne favorisent pas les filles aux activités physiques et cela doit changer », affirme-t-elle. Cette jeune policière trouve avantageux pour elle de pratiquer le Karaté qui lui procure une facilité dans l’exercice de ses travaux quotidiens.

Sensei Ferouz Kazobakwira est entraîneur du club HakaTahir de la province Rumonge. Il trouve que ces formations interviennent au moment opportun et s’est engagé à ne pas rater les cours dispensés par les experts. « Suite à ce stage, mes élèves vont améliorer leurs techniques surtout au niveau des Katas puisque nous avons appris beaucoup d’astuces pour rehausser leur niveau », exprime-t-il. Saluant la coopération française qui a apporté son appui dans la mise en œuvre de ce projet, Sensei Kazobakwira espère actualiser ses connaissances dans le but de mieux s’adapter aux changements récemment introduits dans cette discipline des arts martiaux.

Les responsables de la Febuka remercient vivement l’ambassade de France au Burundi qui l’a sélectionnée parmi les organisations qui avaient postulé pour ce financement avec lequel ils comptent bâtir la fédération sur de bonnes bases.

Par Thierry Niyungeko