Après les arbitres et les entraîneurs, la Febuka renforce les capacités des dirigeants des clubs

Avec l’appui de l’Ambassade de France à Bujumbura et la Fédération Burundaise du Karaté (Febuka), 30 représentants des clubs en provenance de l’intérieur du pays suivent une formation administrative dans le but de renforcer la bonne gouvernance des clubs.

Apres avoir formé les arbitres, les entraîneurs, la Febuka poursuit la formation avec les dirigeants des clubs et de la fédération sur la structuration interne et la bonne gouvernance des organisations sportives que sont les clubs de Karaté. Il s’agit d’une continuité dans le cadre des formations antérieures tenues dans le cadre de ce projet  pour qu’il y ait des compétences permettant de conduire à bonne escient les activités des clubs au niveau des entraînements techniques et au niveau de la gouvernance interne. Cela doit d’abord commencer avec la mise en place des outils de gestion pour une stratégie respectant les standards d’éthique et de déontologie en matière d’administration des organisations sportives.

Financé par l’Ambassade de France, ce projet vise le renforcement des capacités techniques et organisationnelles de la fédération Burundaise du Karaté (Febuka), des clubs membres et non encore affiliés. La présente session est destinée aux responsables des clubs et programmée dans un premier temps pour ceux des provinces de l’intérieur du pays qui sera suivie par celle des dirigeants des clubs de Bujumbura. Les participants qui ont répondu au rendez-vous sont essentiellement des présidents, secrétaires généraux ou autre membre du comité désigné par le club mais qui joue un important rôle dans son organisation, son fonctionnement et sa structuration.

Au total 60 participants divisés en deux groupes de 30 chacun sont attendus.

Amélioration du système de gestion

Pour Raphaël Bindariye, point focal de ce projet, à l’issue de cette formation les clubs gagneront énormément dans l’amélioration de leur système de gestion. « Nous disposons de jeunes clubs non encore expérimentés sans beaucoup de moyens et en manque de capacités suffisantes pour se développer, c’est pour cela que nous voulons les renforcer », remarque-t-il. Avec cette formation, M. Bindariye regrette le fait que sur les 30 clubs qui participent, un seul dispose d’un compte bancaire, aucun club ne dispose du manuel de procédure et affiche la détermination de changer cela. Se contentant juste des statuts et du règlement d’ordre intérieur, les clubs affiliés au sein de la Febuka doivent introduire ces outils de gestion pour donner de la crédibilité à l’organisation de leurs activités. « On ne veut plus que tout soit géré par l’entraîneur qui cumule souvent des fonctions comme si c’était son entreprise privée mais comme une organisation visant l’épanouissement du sport et des jeunes pour une cohésion sociale réussie », explique-t-il.

Vers la cohésion sociale et l’inclusion

Le sport étant un véritable vecteur de cohésion sociale, le Karaté se veut porteur du flambeau vu qu’il regroupe des pratiquants issus de tous bords sans se soucier des appartenances ethniques, politiques ni religieuses. Le pilote des activités de ce projet annonce qu’à l’issue des formations, seront organisés des championnats régionaux où on fera rencontrer des Karatekas en provenance de différentes régions autour des Katas, Kumite et partager des moments de convivialité. A propos de l’inclusion, la formation a abordé des questions liées au Genre pour essayer de rehausser le nombre de filles et femmes qui restent minoritaires au sein des clubs. Raphaël Bindariye regrette le fait que les postes de responsabilité au niveau des clubs soient attribués aux hommes, les femmes occupant des positions de second plan. Afin de rectifier cela pour que les femmes soient considérées dans la prise des décisions, une large sensibilisation doit être faite pour impliquer plusieurs filles dans les mécanismes de gestion au niveau administratif des clubs.

Afin de joindre les paroles aux actes, la Febuka invite les responsables administratifs de ses clubs à mettre en application les notions apprises au niveau de la gestion, de la délégation des pouvoirs, de la transparence sur le plan technique, financier et administratif pour le développement de cette discipline des arts martiaux.

Thierry Niyungeko